Sauzeau Automobiles, pièces détachées pour Rolls-Royce et Bentley

"Le Bulletin"

  • Les pages ci-après sont extraites de Bulletins de la Section Française du Rolls-Royce Enthusiast's Club
  • Textes et photographies sont là pour votre plaisir, et restent la propriété de leurs auteurs. Ils ne reflètent que leurs avis
  • On comprendra facilement que seuls quelques articles susceptibles d'intéresser le plus grand nombre, et ne portant pas atteinte à "l'intimité" du Club sont reproduits ici. Sauf signature ou avis contraire, ils émanent du "quartier général" de Sauzeau Automobiles
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septembre 2000

 

sommaire

"Whatever is Rightly Done"

"Tout ce qui est bien fait." Quidvis recte factum quamvis humile praeclarum (traduction libre d'un article de Derek Reid pour "The Flying Lady", le bulletin du R-R.0.C.) En bonne place sur la cheminée de la maison de Royce à West Wittering est gravée la formule "Quidvis recte factum quamvis humile praeclarum"."Tout ce qui est bien fait, même humble, est noble", dit un jour Royce à son ami Eric Gill, lui expliquant comment il avait rencontré à l'Usine un balayeur utilisant sa brosse de la manière la plus inefficace qui soit. Royce avait pris le balai et montré précisément au travailleur ébahi comment il devait l'utiliser pour tirer le plus grand bénéfice de chaque mouvement. Bien que Royce ne se présentait lui même que comme simple mécanicien, il était un artiste avec les outils. Il savait exactement comment un outil devait être utilisé, comment le tenir, et quel effort lui appliquer. Dans les premiers temps de son activité, il fut tellement déçu par la qualité de la visserie disponible qu'il dessina ses propres écrous et vis et les fit fabriquer dans ses ateliers. Royce n'avait aucune patience en cas de mauvais usage des outils. Quand il surprenait un employé sortant un alésoir d'un trou en le tournant à l'envers au lieu de le retirer comme il se doit, il incendiait rapidement le pauvre homme. On nous a dit toutefois qu'il le reprenait sous son aile peu après. Royce ne pouvait pas résister au plaisir de montrer à ses employés la façon d'utiliser plus efficacement leurs outils pour en obtenir de meilleurs résultats. "Tel est le travail, tel est l'ouvrier", lui avait-on dit durant son apprentissage à la compagnie des chemins de fer "Great Northern Railways". C'est aussi durant cette période qu'il apprit à limer consciencieusement, et à transformer une grossière ébauche de fonderie en une pièce finie et polie. Royce était respecté par ses employés pour ses grandes capacités. M. Haldenby, l'un de ses apprentis, raconte avoir vu Royce réaliser avec une simple lime un bouchon de moyeu en bronze, dont l'hexagone s'ajustait parfaitement à toutes les positions de sa clef. Gill fut tellement impressionné par la philosophie de Royce qu'il lui demanda la permission de graver ces mots dans le tablier de la cheminée.

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Revue de presse

Rétroviseur, numéro 144 d'août 2000 Dans les années d'après-guerre, aux côtés de ses sages et classiques berlines, Bentley s'apprêtait à dévoiler un des monuments de son histoire. L'identité sportive de la marque allait renaître avec un modèle exclusif : la Continental. Un article précis et passionnant consacré aux Types R et Types S Continental, servi par de très belles photos signées Dingo ou tirées de documents d'époque. Jean-Claude Lequy a eu la chance de pouvoir s'appuyer sur l'expérience et les souvenirs de Paul Badré qui a possédé plusieurs Bentley, dont une R Continental depuis 1965. Manque de chance pour Paul Badré, la principale panne subie avec cette voiture n'a disparu qu'au hasard d'une révision. Le moteur de sa voiture s'arrêtait parfois de façon aléatoire pour redémarrer plus tard sans autre forme de procès : on sait maintenant que l'antiparasite "agréé O.R.T.F." du rotor d'allumage était un peu facétieux. Une seule petite erreur, bien minime, à signaler : la commande de boîte de vitesses n'a été électrique qu'à partir de la Silver Shadow. Et, tout de même, un gros reproche, aussi : avaient-ils besoin d'écrire que le coach "Continental R" était le plus coté ? Je crois connaître un membre du R-R.E.C., ayant accessoirement contribué à l'article, qui espérait pouvoir s'en offrir un à prix très doux. Ce n'est pas très gentil.Auto Rétro, numéro 235 de septembre 2000.

Dans Auto Rétro ce mois-ci, un article nous présente le magnifique cabriolet Silver Shadow de notre ami "Y.L". Ce membre éminent ne doit pas être inconnu de beaucoup d'entre-nous. Mais ici on renseigne, on ne dénonce pas. Le premier intérêt de cet article signé Xavier Audiau pour le texte, et Gilles Labrouche pour les superbes photographies, est de nous rappeler pourquoi il ne faut pas dire "Corniche". Comme déjà vu plus haut, ici on ne dénonce pas, alors achetez discrètement le journal si vous l'ignorez. En prenant le magazine en main, rien ne trahit cet article sur l'une des plus convoitées représentantes de notre marque fétiche. Auraient-ils eu un peu honte à s'intéresser à une aussi prestigieuse automobile ? On trouve bien vite l'explication de l'absence de photographie sur la couverture : page 3, le "rédac'chef", dont la signature nous confirme qu'il a personnellement essayé le cabriolet, pose devant la belle. Tout s'explique à la lecture de ses lignes : il a tellement été conquis qu'il aurait voulu la garder pour lui, à l'abri des regards indiscrets. Manque de chance, Xavier, nous savons au Club que "Y.L." n'est pas prêt de s'en séparer, il y tient trop. Juste retour des choses, non mais. Un point pour la Presse, un point pour le Club, la balle au centre...

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Tintin chez les "Britiches"

écrou de roue

Le 16 juin, Tintin, l'un des petits reporters du Bulletin, a ajusté sa cravate (club, bien sûr) pour se rendre dans les cartiers chics du Faubourg Saint-Honoré, afin d'assister à la présentation de la dernière Bentley, la Continental T personal concept. Il nous raconte :

Je n'ai aucune difficulté à trouver l'Ambassade qui est peu après l'Élysée, cette grande cité qui nous appartient un peu à chacun, comme celles de ma banlieue mais qui sont beaucoup plus grandes. Et, une fois n'est pas coutume, il m'est très facile de me garer : à la vue de la Bentley S2 Flying Spur (thank you, Sir Édouard of Nazelle pour le prêt de ta belle motorcar) les gardiens m'ouvrent les portes en grand. La place est limitée pour passer sous le porche, mais considérant toutes ces Bentley déjà alignées dans la cour, je me dit que ça doit sûrement passer. À l'intérieur, je peux compter au moins ten ou fifteen (10 ou 15, quoi) Arnage alignées, ça en impose quand même, dites. Il faudrait d'ailleurs dire zehn oder fünfzehn (10 ou 15, quoi, ça change rien), car toutes ces voitures sont immatriculées en Allemagne ou en Suisse, mais je ne vous apprends rien. Une chance que Tintin cause un peu la langue locale. Retour en Angleterre. La célèbre automobile est garée et je décline mon identité à des hôtesses très sympathique qui visiblement cherchent tous les prétextes pour avoir mon adresse. Soit elles m'ont regardé, soit même elles m'ont reconnu, mais le temps presse car on est ponctuel ici. Et votre reporter est sauvé par un représentant très barbu de sa Gracieuse Majesté qui fait cesser le manège de ses collègues. Il n'a pas de brillant à l'oreille mais un énorme diamant sur son chapeau. Comme il m'aborde en douze langues différentes, je lui explique que je parle surtout le français, le "parler des banlieues" et le belge de Wallonie, histoire de l'impressionner...

continental t

Je suis conduit coté jardins, et là, quelle merveille ! On oublie complètement la ville tant le spectacle est merveilleux. Cerclée d'arbres magnifiques, la pelouse est juste comme il faut. Pas une herbe folle ni trop haute n'est oubliée, mais on n'a nullement l'impression qu'elle vient d'être tondue. Probablement une nuée de jardinier est-elle chargée de l'entretenir avec de simples petits ciseaux. Et ces fleurs, et ces massifs, et ces plantes rares, et. Mais qu'est ce que c'est que tout ce bazar, sur les pelouses ? Et quel bruit font tous ces gens ! My God ! Ils ont même garé des voitures sur -ma- pelouse ! Ça ne va pas mieux ? Ouf, ils ont mis des tapis pour protéger le gazon des éventuelles fuites d'huile. Devrais-je vous l'avouer ? Je ne regarde pas tellement les voitures, et je photographie surtout le jardin. Mais je vais faire un effort, rien que pour vous.

bla bla sur gazon

La plus entourée est comme il se doit la vedette du jour, la Continental T personal concept. Si j'ai bien compris, il doit s'agir d'une voiture un peu raccourcie, avec un énorme moteur et beaucoup d'accessoires sport. Bon, c'est pas vraiment mon genre, déjà que j'aime pas trop les Golf GTI. Remarquez, dans ma cité à moi, on ne voit pas souvent quand même de GTI avec des jantes de 18 pouces, et surtout chromées. Sinon, ça n'a pas l'air mal fait, leur engin. Un drapeau britannique a été collé sur les flancs d'ailes avant afin d'informer les curieux de l'origine du bolide. Je me suis laissé dire que le prochain modèle de Continental T, déjà à l'étude, reprends globalement les caractéristiques de la voiture exposée aujourd'hui, mais avec des drapeaux européens à la place. C'est d'une audace folle. Enfin, le Gouvernement de sa Majesté devant avaliser l'opération, sa sortie n'est peut-être pas pour tout de suite... Les gens se bousculent pour s'asseoir à son volant. Après quelques minutes, probablement parce qu'ils ont vu de loin que le buffet décline, ils font une moue un peu contristée et annoncent à qui veut l'entendre que décidément ils ne trouvent pas les sièges assez confortables, ou qu'avec le petit dernier qui va sur ses douze ans la place sera un peu exiguë à l'arrière. Je me sens vraiment navré pour eux. Incidemment, les vendeurs en blazer qui volettent alentour préfèrent eux se contenter de les consoler en les assurant de leur compréhension. Oh, bien entendu, tous ces gens qui doivent renoncer à acheter ce monstre de puissance doivent être vraiment désolés que ce soit pour d'aussi fins détails. Je ne vois vraiment pas quelle autre raison pourrait les faire hésiter, d'ailleurs. Comme ce doit être vexant.

bentley sur gazon

Autour de la petite dernière, quelques Bentley Boys présentent des anciennes, plantées pour la nuit seulement, car on me dit que dès l'aube elles reprendront le chemin des 24 Heures du Mans. Autour d'elles, on ne parle qu'anglais, et plutôt entre soi, car il s'agit là d'une race bien particulière de collectionneurs, visiblement un peu élitiste.

bentley vue avant

Je m'attarde un moment auprès de ces anciennes voitures que l'on a pas l'occasion de voir souvent en France. Je me suis laissé dire que les gens instruits les appelaient les Bentley Vintage ou Cricklewood, par opposition aux Bentley Derby réalisées dans la même usine que les Rolls-Royce après le rachat de la firme. Certains détails tels les pédales ou les sorties d'échappement méritent l'examen. Aussi les gros bouchons de remplissage d'essence ou d'huile nommés opportunément "type Le Mans" dont le dessin a perduré jusqu'à nos jours.

moteur bentley

Tiens, ces personnes dans quelques recoins du jardin ne s'intéressent-elles pas aux voitures ? Ah, non, je ne dois pas les déranger car il s'agit de gens certainement très importants, qui sont occupés à téléphoner. Je rencontre des amis qui visiblement n'ont pas non plus osé parler de la Type R qu'ils possèdent avec les Bentley Boys. De dépit, ils se vengent sur les petits fours et m'expliquent qu'ils sont venus en Harley Davidson. Du coup on ne les voit plus trop au R-R.E.C. À quand une rencontre inter-clubs ? Sur le départ, je suis le témoin dans la cour d'une affaire pour le moins étrange, et très louche. À la faveur de la nuit tombante, plusieurs énormes bouteilles sont chargées dans la malle de certaines automobiles. J'ai juste le temps d'entrevoir une étiquette pendant qu'un acolyte cache hâtivement sa marchandise : "Veuve Clicquot Ponsardin". Des poignées de mains se serrent alors comme pour sceller un pacte occulte. Je n'ai que le temps d'entendre qu'une meute d'Arnage part elle aussi pour le circuit Sarthois. Je file, ma présence pourrait être repérée. Tout cela est certainement un trafic international de grande envergure, et je prends la résolution de dénoncer cet odieux manège, lorsque j'entends une voix qui m'interpelle dans mon dos. Un des bandits m'a découvert ! Glacé, je me retourne. C'est Sir Édouard of Nazelle, apparemment le patron du gang, qui me propose un coup à boire avec ses copains. Finalement, je crois que je vais me taire.

sortie échappement

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